Spondylarthrite ankylosante : les recommandations de l’« initiative 3E » pour le diagnostic de la maladie

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RELEVE SUR RHUMATO.NET
Article commenté : par Renée-Marc FLIPO (CHU de Lille)
Evidence-based recommendations for the management of ankylosing spondylitis: systematic literature search of the 3E initiative in rheumatology involving a broad panel of experts and practising rheumatologists.
Sidiropoulos PI et coll.
Rheumatology 2008;47:355-61

L’initiative intitulée « 3E » (Evidence, Experts, Exchange) avait pour objectif d’établir des recommandations pour la pratique courante et ce non pas dans le cadre d’un groupe d’experts limité, mais un groupe élargi notamment aux rhumatologues libéraux et en l’occurrence issus de 10 pays européens ou non. Au total, 509 rhumatologues ont participé aux votes des 3 tours de technique Delphi pour travailler à partir de 9 questions et élaborer in fine 12 recommandations, dont 3 concernent le diagnostic, 3 la surveillance et 6 le traitement.
La revue de la littérature a sélectionné 2 699 publications dont 467 ont été retenues. Les 3 recommandations concernant le diagnostic sont les suivantes :
1) Face à une lombalgie de plus de 3 mois d’évolution, la présence de plusieurs des critères suivants conforte l’hypothèse diagnostique d’une spondylarthrite ankylosante : lombalgies de tonalité inflammatoire, sciatalgies à bascule, douleurs sensibles aux AINS, début des symptômes avant l’âge de 45 ans, atteinte périphérique de type arthrite, dactylite ou enthésite, diagnostic confirmé d’uvéite antérieure aiguë, antécédents familiaux, présence de l’antigène HLA B27, existence d’une sacro-iliite et/ou spondylite en imagerie (degré d’évidence 3, force de la recommandation C, agrément 85,4%).
2) Pour conforter le diagnostic de spondylarthrite ankylosante débutante, aucune imagerie complémentaire n’est nécessaire s’il existe sur les radiographies standard une sacro-iliite caractéristique. Si les radiographies standard des sacro-iliaques sont normales ou douteuses, l’IRM constitue l’examen d’imagerie de choix pour identifier les phénomènes inflammatoires des articulations sacro-iliaques et du rachis. Le scanner peut être une méthode sensible pour identifier les modifications structurales des sacro-iliaques, mais les risques notamment d’irradiation doivent être pris en compte (2B, B, 89,8%).
3) Les sujets ayant des rachialgies évoluant depuis plus de 3 mois et de tonalité inflammatoire (début des symptômes avant l’âge de 45 ans, douleurs insomniantes, raideur matinale et amélioration avec l’exercice) devraient être adressés à un spécialiste en rhumatologie pour évaluation d’une possible spondylarthrite ankylosante (4, D, 76,6%).

Date de publication sur rhumato.net : 09-05-2008

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