Efficacité des anti-TNFalpha dans la spondylarthrite ankylosante débutante

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Article relevé sur rhumato.net, commenté par René-Marc Flipo (CHRU de Lille) : Clinical and imaging efficacy of infliximab in HLA-B27-positive patients with magnetic resonance imaging-determined early sacroiliitis.  Barkham N et coll.  Arthritis Rheum 2009 ;60 :946-54

Les études concernant l’utilisation des anti-TNFα dans le traitement de la spondylarthrite ankylosante (SA) concernaient des sujets vérifiant les critères dits de New York avec donc présence d’une sacro-iliite radiographique. Ces patients étaient en règle porteurs d’une affection ancienne. Les recommandations de la Société Française de Rhumatologie ont ouvert la possibilité de recourir aux anti-TNFα en cas de présence d’une sacro-iliite documentée par une IRM. Les études conduites au cours de SA débutantes sont particulièrement peu nombreuses, d’où l’intérêt de cet essai clinique randomisé, réalisé en double aveugle et contre placebo sur une période de 16 semaines.
Il s’agit de sujets ayant des lombalgies de tonalité inflammatoire selon les critères de Calin, évoluant depuis plus de 3 mois et moins de 3 ans, porteurs de l’antigène HLA B27 et ayant une sacro-iliite documentée en IRM. A l’entrée, le BASDAI devait être au moins de 4/10. Quarante-neuf sujets ont été sélectionnés et 20 ont été in fine traités par infliximab à la dose de 5 mg/kg à J0, S2, S6 et S12 ; 20 ont été traités par placebo. Le critère principal de l’étude est l’évolution du score IRM des sacro-iliaques sur cette période de 16 semaines (8 régions analysées, score de 24 au maximum par patient).
A l’inclusion, les radiographies standard des sacro-iliaques sont strictement normales chez près d’un malade sur deux. Des anomalies mineures non spécifiques étaient constatées chez les autres patients, à l’exception de 4 (12%) pour lesquels il y avait une sacro-iliite radiographique selon les critères de New York.
Les patients sont âgés en moyenne de 29 ans. Les rachialgies évoluent depuis 1 à 1,5 ans. Le BASDAI, à l’inclusion, est de l’ordre de 58/100. Sept sujets sur 10 ont une sacro-iliite bilatérale en IRM ; le score IRM moyen étant de 3,1 à 3,65.
A la 16ème semaine, le score médian passe de 3,5 (2 – 8) à 0 (-2, 1,5) dans le groupe placebo et -2 (-6,25, 0) dans le groupe infliximab (p = 0,0033).
En fin d’étude, le score IRM augmente chez 5 patients du groupe placebo et aucun du bras infliximab. 62,7% des lésions IRM sont considérées comme normalisées sous infliximab versus 29,4% sous placebo (p = 0,001). A l’inverse, de nouvelles lésions en hypersignal ont été constatées dans 12% des cas sous placebo versus 1,2% sous infliximab.
En ce qui concerne l’IRM du rachis, des signes inflammatoires étaient constatés chez 9 patients du groupe infliximab à l’inclusion et 4 du groupe placebo ; à la 16ème semaine, les signes inflammatoires ont disparu chez 5 des 9 patients traités par infliximab et 1 seul des 4 patients traités par placebo (p = 0,016).
Sur le plan clinique, l’amélioration est significativement plus importante dans le bras infliximab versus placebo. A titre indicatif, on constate 61,1% de répondeurs ASAS40 dans le bras infliximab versus 17,3% dans le bras placebo (p = 0,009).
Le BASDAI diminue en moyenne de -34,1 sous infliximab versus -7,5 sous placebo (p = 0,002).
Date de publication sur rhumato.net : 04-09-2009

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