BUTAZOLIDINE, épilogue

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Arrêtée le 31 décembre 2011 par le laboratoire NOVARTIS, la fabrication de la « Butazolidine » (nom de la molécule Phénilbutazone) a démontré qu’il ne suffisait pas déclarer l’arrêt auprès de l’ANSM (ex AFSSAPS) et d’envoyer des courriers aux médecins pour se couvrir par les texte en cas de dérapage et surtout  pour informer les consommateurs que sont les malades,  mais que l’ensemble du système devait travailler à un autre mode d’information des malades et du grand public.

En fait qu’un laboratoire arrête la production d’un médicament vieux de plus de 50 ans, libre à lui, ce que nous avons critiqué avec force c’est que le grand public en soit mal informé, voir pas du tout et que cela a provoqué un afflux de commandes sur internet alors que nous savons que les médicaments sur internet sont dans leur grande majorité des produits frôlâtes, souvent sans substance active et très fréquemment dangereux.

La Butazolidine a été un bon test, le laboratoire a suivi à la lettre la règlementation, a prévenu l’AFSSAP dans les délais mais l’AFSSAPS (aujourd’hui devenue ANSM), alors en proie à bien des tourments, a oublié de mettre l’information sur son site. Nous l’avons prévenu le 3 janvier que l’arrêt de la Butazolidine n’y figurait pas, elle l’a mis en ligne le 3 février après un rappel de notre part. Là il y a eu un dysfonctionnement dans la chaîne d’information.

Et puis cela a démontré que le laboratoire a totalement occulté le pouvoir d’information des associations représentant les malades, en ce qui concerne la spondylarthrite elles sont plusieurs à pouvoir toucher les malades, à relayer l’information.

ACS y a mis de l’énergie, des moyens importants pour faire passer l’info, a alerté le ministre sur cette faille dans le système d’information des malades, sur le fait que des malades achetaient du Phénilbutazone vétérinaire pour se fabriquer « leur Butazolidine », silence radio officiel et dans les couloirs du ministère un petit « que pouvons-nous faire de plus ? ».

Le site internet en français était mexicain, vous verrez plus loin le cocasse de la situation.

Au nom d’ACS j’ai alerté la Commission de déontovigilence des entreprises du médicament, le CODEEM, dont je suis un des 9 membres, afin qu’elle réfléchisse à une recommandation auprès des laboratoires membres du LEEM, leur syndicat, afin que leur pratique en la matière aille plus loin que ce leur impose les textes. Les laboratoires pharmaceutiques ont actuellement une image à redorer après les turbulences liées aux affaires récentes.

J’ai rencontré le Président de Novartis, Monsieur Patrice Zagamé, dans son bureau, en compagnie du pharmacien responsable, du directeur exécutif des affaires cliniques et du directeur du service marketing et communication que je connaissais de longue date sans savoir qu’il occupait un poste chez NOVARTIS. La discussion déboucha sur le constat que je fais ci-dessus, Mr Zagamé acceptant que nous cherchions une voie de reprise de la fabrication du Phénilbutazone, allant même jusqu’à proposer l’aide de NOVARTIS pour relancer la fabrication, par un petit laboratoire ou bien par la Pharmacie centrale ou autre bonne volonté pharmaceutique.

Un rendez-vous positif avec le Président de NOVARTIS qui a été très attentif et coopératif, pas pour le retour du médicament en cause mais pour le futur, espérons que notre message passe.

Je suis à la disposition des dirigeants du LEEM concernés pour faire avancer le dossier de l’information des malades lorsque la production d’un médicament sera arrêtée volontairement, voir en cas de dysfonctionnement car une alerte sur le site de l’ANSM n’est pas suffisante, combien de malades se baladent tous les jours sur ce site afin de vérifier si son traitement n’est pas soumis à une alerte.

Ainsi que me le dit un malade grand sage de la Spondylarthrite en me parlant de la Butazolidine : je t’ai souvent entendu parler de la "pharmacie centrale", je veux bien croire qu’elle existe, encore que … En tout état de cause ma pharmacie de village s’est fournie auprès d’une pharmacie : "PHM, 58 rue de Maubeuge,  Paris, 75009 ". Il faut reconnaître que la Pharmacie centrale est bien hermétique lorsqu’il est question de joindre une «personne responsable » tant il semble y avoir de bureaux  …  et de personnes responsables.

Soyons claires au sujet de la Butazolidine (Phénilbutazone), cette fabrication ou préparation magistrale ne pourra se faire que tant qu’il existera un stock de produit de base, et là est le cocasse car chez NOVARTIS j’ai appris que la base du Phénilbutazone venait du « Mexique ». Hi hi hi dirait mon cheval de course et comme le dit avec humour notre ami Thomas Tsuk (+ de 50 ans sous Butazolidine, un expert) : «Tant qu’il y aura des chevaux de course nous avons une chance d’avoir du principe actif ! »

En mars nous avons accordé une interview au magazine « Ça m’intéresse », paru cette semaine, la journaliste de ce magazine qui m’a interviewé à participé à une émission sur « France info » le 9 juillet dernier et a repris nos arguments, cela démontre qu’ACS a tout tenté pour informer les malades.

Quoi qu’en dise « Ça m’intéresse », le problème n’est pas entièrement réglé côté Butazolidine et ce qui est valable aujourd’hui risque fort de ne plus l’être dans peu de temps.

N’oubliez-pas que  votre principal interlocuteur en matière de traitements est bien votre rhumatologue avec lequel vous devez trouver un traitement de substitution, il en existe et seul lui peut vous dire celui qui vous convient. Mis à part quelques irréductibles et accros à la Butazolidine, la très grande majorité d’entrevous trouvera satisfaction et apaisement des douleurs avec d’autres traitements.

Je tiens à féliciter tous ceux qui ont contribué au dialogue sur ce sujet délicat, sur notre site, nos réseaux sociaux, par mail, cette affaire à été l’objet de nombreux courriers, messages et ce, toujours dans la dignité malgré la colère compréhensible de quelques uns par manque d’informations.  Une fois de plus nous avons pu constater que le meilleur moyen d’éviter  ces réactions c’est d’informer les principaux intéressés, en pensant au levier des associations de patients concernées qui dans ces cas devraient pouvoir s’entendre dans l’intérêt des malades.

Je vois aussi un intérêt commun avec la Société savante à laquelle j’avais demandé son avis par l’intermédiaire de son Secrétaire général, sans réponse, là aussi nous avons besoin d’une meilleurs communication.

Pensons ce que l’on veut, mais laboratoires, rhumatologues, généralistes,  etc. ne vivent que parce que nous sommes atteints d’un rhumatisme inflammatoire chronique. Nous avons donc tous, eux comme nous, des intérêts communs et selon les calculs les plus simplistes lorsque que l’on dialogue, nous sommes plus performants, donc tous gagnants.

Franck GERALD, Président d’ACS 

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