L’ischio-jambier et le moyen fessier vont mieux mais sont encore un peu douloureux. Je me dois d’observer une 2ème semaine de repos. J’en profite pour travailler davantage les assouplissements, étirements et abdominaux. Ce sera donc un repos réparateur. Je reprendrai l’entraînement lundi prochain. Il me restera 3 semaines pour préparer les 24 h de Château-Thierry qui constitueront une bonne mise en jambes pour Antibes.
Pour répondre plus précisément aux questions de Franck relatives à l’IMC, j’ai rencontré, à l’issue de l’épreuve de Charly, des grands spécialistes du « Paris-Colmar ». Voici leur propos: en début de saison durant les 2 premiers 24 h, les marcheurs perdent 1 à 2 kg. Ensuite ils arrivent à leur poids de forme et ne perdent plus. Pour « Paris-Colmar », c’est différent. Ils marchent pendant 3 jours non stop avec des horaires à respecter contrairement à Antibes où chacun est libre de gérer son temps. Ils sont à leur poids de forme depuis longtemps et perdent très peu durant l’épreuve. Après celle-ci, ils peuvent faire de la rétention d’eau et prendre plusieurs kilos dans les jours qui suivent. A cela s’ajoutera une très grande fatigue. Puis, brutalement, en 1 seule nuit, ils perdent tous ces kilos et même davantage. Ces spécialistes sont unanimes sur un point : il n’y a pas d’augmentation de la masse musculaire dans des épreuves d’ultrafond.
Sur le plan cardiaque, je ne suis pas médecin, mais le cardiologue que j’ai rencontré suite à mon échec sur le « Paris-Colmar » est contre ces sports extrêmes même si l’athlète est affûté. Alors que dire pour les marcheurs présentant un surpoids ? Je connais plusieurs marcheurs concernés qui enchaînent les 24 h et ne se plaignent pas de problèmes cardiaques ou articulaires. Je pense mais je n’affirme pas que tout est question d’entraînement et de dosage de l’effort. En acceptant de marcher en deçà de ses limites, on peut aller très loin sans endommager la machine. Comme je l’ai déjà dit précédemment, la marche de fond c’est « souvent, longtemps, jamais durement ». Hormis les problèmes de tendons d’achille, l’an dernier j’ai terminé les 6 jours beaucoup plus frais physiquement qu’après n’importe quel 24 h. J’avais volontairement réduit mon allure de près d’1,5 km/h ce qui est énorme en marche. Je m’arrêtais quotidiennement chez le médecin de l’épreuve. Son premier geste était la prise de tension qui est restée normale et identique du début à la fin. Sur du long terme, il faut savoir marcher avec sa tête.
Belle transition pour répondre aux questions de Bernard. A quoi pense-t-on pendant l’effort ? Je crois que l’idéal serait de pouvoir faire le vide total dans son esprit, pour marcher le plus relâché possible tel un métronome. Mon ami Loulou qui m’a enseigné les bases de la discipline et me rejoint régulièrement dans mes entraînements est expert en la matière. Moi, je ne sais pas faire. Je suis le roi de la « gamberge ». Je refais le monde pendant l’épreuve. Je pense naturellement à beaucoup de sujets personnels. Mais j’ai arrêté de penser au Loto; ça ne m’a jamais rien rapporté. Pour ne pas être distrait par mes pensées qui peuvent faire baisser mon allure d’1 à 2 km/h sans m’en rendre compte, je m’efforce de rester concentré en permanence sur ma technique. Je suis compétiteur donc je calcule tout : mon allure, l’écart avec mes adversaires, leurs stratégies, mes ravitaillements. Certains marcheurs s’isolent en écoutant de la musique. Moi je n’aime pas et je trouve cela dangereux. Il faut savoir que la majorité des parcours ne sont pas fermé à la circulation, alors je préfère jouir de tous les bruits extérieurs pour ma sécurité personnelle. Pour l’avoir vécu, même si j’ai horreur de cette musique, je reconnais qu’une bonne sono placée sur un véhicule suiveur et vous envoyant de la techno aide à garder un rythme. Mais je ne pense pas pouvoir la supporter pendant 6 jours. J’essaie de ne pas penser aux douleurs quand arrivent les premières ampoules ou courbatures. Je crois que la maladie avec ses luttes quotidiennes contre la douleur m’a forgé un mental d’acier qui m’aide à appréhender tous ces petits bobos. C’est bien le seul point positif que je lui accorde.
Pour terminer, c’est avec grand plaisir que je me rendrai aux journées médicales de Monaco. Il y aura sans aucun doute de précieux échanges sur la maladie, la médecine et le sport.
El Gino
« Il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu’on ne les a pas tentées » [André Gide]
Alain Courtoisie Sport
Photo : petite balade d’une douzaine d’heure pour environ 90 km sur le chemin des douaniers (Manche) avec mon ami Loulou.

Bernard le 14/03/2010
Pensées
Merci de tes réponses Alain. C'est vrai que c'est difficile de penser à ... rien. Quant à la musique, je partage ton opinion mais je pense que, si on veut conserver un rythme efficace et constant, il faut, comme tu le dis, une musique rythmée, même si ce n'est pas le genre de musique qu'on préfère. Entraîne-toi bien et on te retrouvera en forme à Antibes pour un nouvel exploit du normand. Merci pour l'exemple que tu nous donnes. Bernadette & Bernard